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Entreprise & travail Thierry Priestley15 décembre 2017

Langue et travail : la leçon de démocratie québécoise

Lu sur le site de TV5monde le 03.12.2017 : « Comment se porte le français comme langue de travail au Québec ? », par Catherine François.

Notre commentaire par Thierry Priestley, Directeur honoraire du travail :

Les résultats de l’enquête périodique menée en 2016 par l’Office québécois de la langue française du Québec (OQLF) sur l’emploi du français (comparé à celui de l’anglais) dans les entreprises de ce pays, tels que nous les rapporte le site de TV5monde sous la signature de Catherine François, apporteront peut-être un soupçon de réconfort à ceux qui se préoccupent encore de l’avenir de la langue française dans le monde du travail. Mais plus que nous rassurer sur la santé très relative de la francophonie, ces résultats sont porteurs d’enseignements intéressants concernant le traitement comparé de la question de la langue au travail en France et au Québec. Pour nous Français, ils peuvent également nous interroger sur la santé de notre démocratie face aux enjeux fondamentaux des profondes et rapides mutations linguistiques que nous subissons depuis quelques décennies en France et dont le moteur se situe dans la sphère de l’entreprise et du travail.

Manifestement, en effet, dans ce Québec de fait bilingue bien qu’officiellement francophone, peu peuplé, isolé dans un continent nord-américain massivement anglophone et dont l’économie s’inscrit dans la globalisation libérale, le français semble plutôt bien résister comme langue de travail, y compris dans ses grandes entreprises multinationales : 67,3% qui travaillent en français de manière exclusive ou générale à au moins 90% de leur temps de travail, contre seulement moins de 1% qui ne l’utilisent plus de manière régulière, à moins de 50% de leur temps de travail, voilà de quoi surprendre dans une France où domine largement l’opinion selon laquelle l’emploi de l’anglais ne peut que progresser partout par le fait qu’il y est vu comme seule langue normale de travail et d’échange de ceux qui travaillent dans des entreprises mondialisées. Or, au Québec, y compris à Montréal, qui compte une forte minorité d’habitants anglophones et accueille les sièges sociaux de nombreuses multinationales, l’enquête fait apparaître que l’emploi de l’anglais y régresse même quelque peu, de moins de 3% en dix ans, non pas du reste au profit du français mais à celui du double usage des deux langues.

 

Quels enseignements peut-on alors en tirer pour un pays comme la France ?

Le plus important d’entre eux et le plus consternant au regard de l’exigence démocratique, est que nous sommes dans l’incapacité aujourd’hui de comparer l’évolution des pratiques linguistiques au travail en France à celle des pratiques québécoises. Car telle est la seule différence entre les deux pays sur ce sujet qui puisse être établie de façon sûre : là où le pouvoir politique et les institutions démocratiques québécoises se donnent les moyens d’observer et mesurer l’évolution des pratiques linguistiques en tous domaines, notamment dans le monde de l’entreprise, les gouvernants français se contentent pour leur part de tenir des discours rassurants sur l’avenir de la langue française (surtout en période préélectorale) tout en tournant le dos à cette réalité qu’ils préfèrent ne pas interroger pour mieux l’occulter. Les entreprises, de leur côté, interdisent chez elles toute investigation sérieuse à ce sujet qui ne serait pas imposée par la puissance publique.

De même, là où l’observation québécoise permet de viser la protection effective du droit des travailleurs nationaux à l’usage de leur langue naturelle dans leur vie au travail, ici en France on fait des lois de protection de leur langue (celle de 1994, notamment), non assorties des mesures qui en assureraient le respect, vite oubliées et progressivement défaites au nom du réalisme et des contraintes de la compétitivité. Cela s’y fait d’autant plus facilement que l’on se garde bien de se donner les moyens de prendre la mesure de l’évolution des réalités linguistiques dans l’entreprise et de ses conséquences, évitant ainsi toute prise de conscience des réalités et tout débat public éclairé à leur sujet.

Qu’avons-nous en France, en effet, comme données d’observation sérieuses à ce sujet ? Bien peu. La seule enquête quantitative générale publique conduite sur ce thème est celle de 2006, dite COI (changements organisationnels et informatisation), menée conjointement par la DARES, l’INSEE et le CEE. Elle n’a été précédée d’aucune enquête qualitative visant à établir une première typologie des situations linguistiques qui aurait donné sens à une enquête quantitative et permis de répondre à un certain nombre de questions pertinentes sur les raisons et les effets sociaux ou autres des pratiques linguistiques suivies. Elle se borne ainsi à compter respectivement ceux qui sont appelés à devoir lire, parler et écrire une langue étrangère, sans autre précision, notamment sur le contenu, la fréquence, l’environnement professionnel et les conditions selon lesquels ils sont tenus à ces trois obligations. De ce fait, hors la confirmation d’un usage plus ou moins important de l’anglais dans les entreprises sises en France lors de cette enquête, ce dont on se doutait, elle n’apporte aucune des précisions apportées par l’enquête de l’OQLF permettant de connaître la réalité de cet emploi et ne dit rien des causes, des ressorts et des effets des pratiques managériales qui les instituent.

Autant dire que ce fut une enquête de faible utilité, menée dit-on à la demande insistante de la DGLFLF, dont l’expertise sur ce sujet particulier manque de moyens humains, et conduite par la DARES et l’INSEE, sans grande préparation aux dires de certains, que les résultats de l’enquête semblent conforter. Et rien depuis 2006, ce qui interdit toute évaluation des évolutions en cours. Le message implicite est donc clair : l’évolution des pratiques linguistiques dans l’entreprise obéirait de façon naturelle aux contraintes incontournables de la compétitivité mondiale, objectif majeur de l’Etat français pour nos entreprises, et la meilleure réponse à apporter aux problèmes sociaux qu’induit cette évolution serait l’accompagnement des travailleurs français par des mesures qui leur permettent de s’y habituer sans trop de douleur, c’est-à-dire en les poussant à apprendre plus et mieux l’anglais. Le message semble écouté puisque ces derniers y consacrent dorénavant 90% de leur compte personnel de formation1 (CPF), au détriment des formations visant l’acquisition d’autres compétences.

La loi du 4 août 1994 faisant du français la langue de travail en France (avec de nombreuses exceptions, du reste) ne fut ainsi qu’une ultime concession à des élites patriotes en voie de disparition, tandis que la reconnaissance de son obsolescence, sinon son abrogation pure et simple, est depuis lors sans cesse réclamée par le patronat français, en ce qui concerne au moins ses dispositions relatives au droit du travail. Depuis quelques décennies, nos gouvernants successifs cèderaient volontiers à cette demande, comme l’attestent épisodiquement certaines déclarations de ministres en exercice, telle la célèbre phrase, franche et brutale, d’un ancien ministre de l’éducation, Claude Allègre, prononcée au début des années 2000 : « l’anglais ne doit plus être langue étrangère en France ». Des études poussées sur l’évolution des pratiques linguistiques en entreprise, a fortiori la création d’un observatoire des pratiques linguistiques, façon Québec, y sont donc vues par eux comme inutiles. Seules les enquêtes qui donneraient à connaître l’évolution du niveau moyen d’anglais de nos concitoyens, voulu toujours plus élevé, sont peut-être susceptibles de les intéresser.

Sans doute le soupçon français de motivations souverainistes prêtées à la démarche québécoise d’observation des faits linguistiques dans l’entreprise est-il en partie à l’origine du désintérêt français pour ce qui n’est vu que comme un réflexe de défense d’une langue nationale menacée par un environnement particulier, celui du Québec, qui n’est pas celui de la France. Si le soupçon est peut-être fondé, il ne justifie pourtant en rien ni le désintérêt de sa puissance publique pour l’observation de l’évolution des pratiques linguistiques dans l’entreprise, ni sa vision fataliste du progrès inéluctable de l’anglais au détriment du français comme langue de travail.

La préférence de l’entreprise multinationale pour l’anglais, de même que ses raisons, sont en effet les mêmes dans les deux pays. Rien ne rend non plus l’emploi de l’anglais comme langue de travail plus nécessaire en France qu’au Québec, surtout qu’à Montréal, bien au contraire. Cependant, les plus grandes réticences de la puissance publique française à agir en ce domaine (observation et action), comme celles d’une plus grande tolérance du contournement du jus soli (le droit du territoire) par les multinationales en matière de pratiques linguistiques, ne s’expliquent pas seulement par le fait que la langue française y serait moins menacée qu’au Québec. Elles ont en fait d’autres raisons parmi lesquelles nous mettons en hypothèse que l’une d’elles est particulièrement déterminante.

Cette raison majeure, apparemment paradoxale, pourrait tenir au fait que l’anglais naturel, celui des anglophones, y est précisément davantage une langue étrangère en France qu’au Québec et que l’anglais qu’on y pratique dans les grandes entreprises, comme du reste dans l’administration française, n’a pas grand-chose à voir avec lui. L’affirmation mérite explication : l’anglais pratiqué au Québec, spécialement à Montréal, ville de fait bilingue, est en effet présumée y être de fait une seconde langue naturelle des Québécois francophones en plus d’avoir le statut de langue officielle du Canada, un peu comme le français est de fait la seconde langue naturelle des néerlandophones de Bruxelles vivant dans un environnement très majoritairement francophone, même quand ils font semblant de ne pas comprendre dans la rue le Wallon qui leur parle français. De leur côté, les anglophones de Montréal sont également bien obligés d’apprendre peu ou prou la langue officielle du pays où ils vivent, le français, et de le pratiquer plus ou moins quotidiennement, malgré le repli communautaire dont beaucoup ont la tentation.

Dès lors, le choix de la langue de travail dans la grande entreprise multinationale du Québec devient un choix guidé bien plus par des considérations « politiques » ou sociétales que d’efficacité économique ou professionnelle, chacun étant à peu près à son aise pour parler dans une des deux langues selon les nécessités des tâches à accomplir. En outre, la bonne compréhension du français qu’ont couramment les Canadiens anglophones de Montréal peut constituer un stimulant de l’apprentissage du français par les salariés étrangers non francophones de la grande entreprise de Montréal. Comme le double usage des deux langues y est facile, chacun pouvant utiliser sa langue naturelle pour s’exprimer tout en étant compris de celui qui a l’autre langue comme langue naturelle, la loi 104 du Québec sur l’emploi obligé du français avec les salariés francophones est d’autant plus facilement admise par la grande entreprise qu’elle lui nuit peu en termes d’efficacité des échanges internes, et ce double usage peut y progresser effectivement. C’est du moins ce que semblent attester les résultats de l’enquête de l’OQLF.

Il en va naturellement tout autrement en France où les caractéristiques linguistiques de la société sont très différentes de celles du Québec. Or, ces caractéristiques rendent non seulement impossible le double usage québécois des deux langues par le fait que l’anglais y est (encore…) massivement langue étrangère, mais donnent aussi un sens différent à l’emploi de l’anglais international, et non naturel, qu’y impose la grande entreprise dans le travail et dans sa langue managériale, tout en induisant des effets sociaux majeurs, probablement inexistants ou sensiblement moindres au Québec.

D’une part, en effet, l’extranéité de l’anglais pour la grande masse des salariés français a sans doute pour effet de rendre le sens de ses mots moins discutables par les salariés et les syndicats qu’ils ne le seraient par leurs homologues québécois. Dès lors, on peut légitimement soupçonner que le recours presque systématique de la langue managériale française à des mots anglais pour définir le contenu de ses programmes, de ses organisations du travail et des comportements au travail qu’elle prescrit a pour principale fonction d’occulter leur caractère attentatoire au bien-être des travailleurs et de décharger certaines pratiques managériales de leur sens réel. Tandis qu’au Québec le sens de ces mots peut être perçu et discuté dans les deux langues par presque tous les travailleurs et leurs représentants, en France ils prennent la dimension impressionnante et non discutable de mots venus d’un ailleurs symbolisant la modernité du monde, dont l’équivalent en français est ignoré et imaginé inexistant. Ainsi, en France, « outsourcing » impressionne quand son équivalent en français, « délocalisation », met en colère ou désespère et un programme intitulé « Yes perform and develop » intimide quand l’équivalent en français du genre « oui, soyons performants et toujours plus en avant » risque d’être plus vite traduit par le travailleur français par « travaille toujours plus ou crève », ce qui correspond davantage à la réalité dans le pire des cas.

L’anglais a ainsi en France l’avantage pour le management de la grande entreprise, qu’il a sûrement moins au Québec, de paralyser la pensée critique de ceux auxquels s’adressent dans cette langue les prescriptions managériales. À considérer le caractère de plus en plus exigeant de nombre d’entre elles en termes de mobilisation requise des travailleurs de la grande entreprise, jusqu’à parfois les conduire à l’épuisement ou la dépression, l’avantage n’est pas mince pour un certain type de management du travail.

D’autre part, l’obligation de l’emploi de l’anglais comme langue de travail en France a également un sens et des effets sociaux qu’il n’a pas au Québec. En France, elle vaut prioritairement moyen de réduire les salariés à des unités interchangeables de travail dans la sphère géographique internationale d’implantation de la grande entreprise, pour les rendre moins coûteuses, bien plus que moyen d’éviter les coûts de la traduction en français des documents et logiciels de travail, dérisoires pour elle, et ses tracas, plus faciles à surmonter que ce que l’on dit. Au Québec en revanche, c’est inutile, car même les travailleurs francophones ont presque tous un bon niveau d’anglais naturel.

De même et enfin, à la différence du Québec, l’extranéité linguistique et culturelle de l’anglais en France confère à ceux de ses ressortissants qui en ont bonne maîtrise un statut socioprofessionnel avantageux, et menace ceux qui ne l’ont pas d’une déqualification, quelles que soient par ailleurs leurs compétences techniques dans leurs métiers respectifs. Celle-ci peut donc avoir pour ces derniers des effets psychosociaux désastreux, tels que le stress et la perte de confiance en soi au travail ou encore la perte de sens du travail et la frustration d’une reconnaissance de leurs capacités professionnelles.

De tout cela résulte qu’il y a au moins autant, voire plus de raisons de réaliser des enquêtes sur les pratiques linguistiques et d’analyser leurs effets en France qu’au Québec, même si elles sont très différentes. Il y en aurait du reste autant pour ceux qui se situent seulement dans la perspective de développer la maîtrise de l’anglais par nos concitoyens que pour ceux qui entendent défendre la suprématie du français comme langue de travail sur le territoire national. Alors pourquoi cette évidente répugnance française pour l’observation des pratiques linguistiques en entreprise ?

La réponse à cette question doit sans doute être recherchée dans la différence de sens idéologique, politique et pratique que prend le rapport entre les deux langues, anglais et français, dans les deux pays. Au Québec, la fragilité du français pour maintes raisons que l’on sait appelle d’autant plus naturellement la prévalence du traitement politique du sujet que la réalité linguistique du pays ne pose guère les question de l’insuffisance du niveau d’anglais des travailleurs québécois francophones et de ses conséquences économiques et sociales. Or, la prévalence de la dimension politique nationale « classique » du sujet appelle logiquement son traitement sous cet angle qui s’accorde lui-même naturellement mieux à l’exigence démocratique de connaissance par l’ensemble des citoyens des réalités linguistiques du pays, y compris dans le monde de l’entreprise, et d’observation de leur évolution par la puissance publique.

En France, au contraire, la dimension économique du sujet prévaut sur sa dimension politique, au double motif que la langue française n’est pas menacée sur son territoire et que le développement des compétences en anglais des Français répond à la contrainte de la compétitivité de notre économie. Sauf qu’à ne voir que la dimension économique du sujet, on occulte la dimension politique qui s’attache aux lourdes conséquences sociales du toujours plus d’anglais au travail : aggravation de la fracture sociale par l’émergence de la fracture linguistique entre ceux qui ont le privilège de pouvoir accéder très jeunes à une bonne formation en anglais et les autres, finalité de mise en concurrence des travailleurs sur le marché du travail jusqu’au dumping social, insécurité et mal-être au travail des salariés les moins formés à l’anglais, instrumentation de cette langue au profit d’une langue managériale visant à plier le monde du travail à ses représentations, etc.

La dimension politique de la question linguistique au travail devient ainsi d’autant plus lourde qu’elle se charge silencieusement des effets sociaux des mutations linguistiques au travail en participant des ravages sociaux d’un capitalisme devenu de plus en plus inégalitaire et cruel avec les faibles. On comprend mieux dans ces conditions l’obstination française à évacuer à tout prix la question de la langue au travail, aussi bien de la démocratie sociale que de la démocratie politique en attendant que se réalise le rêve obsessionnel de certains de faire de la France un pays où l’anglais n’y serait plus langue étrangère, jusqu’à décharger le sujet de sa dimension sociale comme au Québec et à le réduire à un problème classique de défense d’un patrimoine culturel national et de l’identité d’un pays.

Le rêve est illusoire : la France n’est pas le Québec. Elle n’a ni son environnement humain, ni son histoire, ni ses caractéristiques démographiques et culturelles, et l’anglais, n’en déplaise à certains, n’est pas près d’y être une seconde langue d’usage naturel de la grande majorité de nos concitoyens, en dépit des énormes efforts des puissances de l’argent pour nous abreuver d’anglais dans toutes les sphères de notre vie quotidienne (publicité, enseignement, loisirs, chanson…). Le choix d’évacuer la question de la langue au travail de la démocratie sociale dans l’entreprise et de la démocratie politique est également dangereux : à vouloir soustraire du débat ouvert et éclairé les effets sociaux et humains de ce qu’il faudra bien un jour reconnaître comme un viol linguistique des Français, en particulier et surtout dans leur vie au travail, on peut craindre qu’un jour des forces politiques et idéologiques mal intentionnées ne tentent de récupérer et instrumenter à de mauvaises fins le sentiment de dépossession et de dévalorisation de leur langue et les lourdes frustrations sociales et humaines qui s’y attachent. Le déni des besoins fondamentaux des humains et des problèmes qu’induisent certains déséquilibres liés à l’évolution du monde et des sociétés ne profite jamais à terme à la démocratie, à la solidarité entre les humains et à l’humanisme. Les démocraties occidentales en ont déjà fait la malheureuse expérience au cours des dernières décennies en ce qui concerne la sécurité et l’immigration. La même attitude semble hélas de nouveau prévaloir en ce qui concerne les deux sujets très liés des mutations linguistiques et des inégalités et frustrations sociales. Il serait donc très dommageable de ne pas retenir la leçon de démocratie que nous donne le Québec en ce qui concerne la langue.

Thierry Priestley

Thierry Priestley est Directeur du travail honoraire dans le corps de l’inspection du travail.

De formation juridique (DES Paris 1) et plurilingue (italien espagnol, anglais), sa carrière l’a conduit à exercer des fonctions de responsabilité dans divers ministères (services extérieurs, administration centrale et cabinets ministériels) ou auprès d’organismes européens et internationaux, en France et à l’étranger, jusqu’à sa retraite en 2011. Il est actuellement membre de la Commission de contrôle et de sanction du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

Auteur d’articles sur des sujets de droit du travail ou d’actualité sociale dans diverses revues (Droit Social, Revue française des Affaires sociales, Esprit…), engagé de 1991 à 2008 dans le mouvement associatif pour la défense et la promotion de la langue française, il se consacre depuis lors exclusivement à l’organisation et l’éclairage du débat public national et européen sur la question linguistique, en particulier dans le monde du travail et les institutions européennes dont il a une longue expérience. Il est à ce titre membre du conseil scientifique de la commission de la CFE-CGC dédiée à la question linguistique dans l’entreprise.

Lors du colloque CFE-CGC de mars 2012 sur le thème « Langue et travail » dont il fut l’un des principaux organisateurs auprès de Bernard Salengro (alors Secrétaire National de ce syndicat), il s’est chargé de la conception de la « vidéo de lancement » de cette manifestation et l’a coréalisée avec le producteur indépendant Denis Wallois (O’viv Prod’) et le cinéaste Thierry Le Nouvel, nouant ainsi avec eux et leur équipe des liens de coopération étroite pour de futurs projets de création audiovisuelle sur le thème de la langue.

Très lié à l’Argentine, il a également noué des relations étroites avec la fondation CIPAC-Pasaje 865 de Buenos Aires (représentée en France par CIPAC-Europe) en vue de constituer avec son réseau universitaire sud-américain un groupe de réflexion et de débat latino-euro-américain sur l’avenir du pôle linguistique des langues romanes dans le monde multipolaire de demain (en projet avec DNL).

En janvier 2014, afin d’organiser collectivement et de mieux structurer le type d’action qu’il conduit, il fonde et préside l’association « Demain… nos langues ».

Thierry Priestley est chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur et celui des Arts et Lettres.